Ouvertures classiques

Bien commencer une partie d'échecs est important car cela évite d'avoir le sentiment que la partie est déjà très compromise dès les premiers coups...

C'est aussi la phase de la partie où il est le plus facile de progresser car on dispose de l'exemple des champions d'échecs qui ont expérimenté avant nous des ouvertures et des variantes. On peut donc s'en inspirer en faisant un petit effort de mémoire au moins sur les 3 ou 4 premiers coups.

Je conseille aux débutants de choisir 2 ou 3 ouvertures et de s'en tenir à elles pour se familiariser avec les différentes réponses possibles. A mesure des progrès réalisés, ils pourront élargir progressivement leur palette des ouvertures.

Comment choisir ?

Je conseille aux débutants de choisir des ouvertures simples, très connues et ne comportant pas trop de pièges. C'est aussi une question de goût et de tempérament.

- partie espagnole appelée aussi Ruy Lopez : 1.e4 e5 2.Cf3 Cb6 3.Fb5 a6

- gambit de la dame refusé : 1.d4 d5 2.c4 e6 3.Cf3

- autre ouverture commençant par le pion de la dame : 1.d4 d5 2.Ff4 Cf6 e3

- défense sicilienne pour quitter la symétrie : 1.e4 c5 2.Cf3 d6 3.Fc4

- début Réti pour varier un peu : 1.Cf3 e6 2.g3 d5 3.Fg2 c5 4.d3 Fe7

- défense française : 1.e4 e6 2.d4 d5 (voir mon article "une pointe de chauvinisme" où je présente quelques variantes de cette défense solide. 

 Avec simplement ces quelques ouvertures on a déjà de quoi s'exprimer et pas mal de sous variantes à étudier. 

Je conseille aux débutants de ne pas choisir des ouvertures trop tactiques (défense Alekhine, gambit Damiano, gambit Muzio, gambit du roi, défense Petrov etc.) car ils risquent de se faire piéger très vite face à un adversaire qui connait bien l'ouverture.

Si l'adversaire propose des coups non prévus par une ouverture classique, il faudra analyser le coup joué pour déceler d'éventuelles menaces tactiques et s'efforcer de trouver une réponse correcte en respectant les principes d'une bonne ouverture :

- placer rapidement les cavaliers et les fous sur de bonnes cases vers le centre où ils sont défendus et difficilement attaquables

- éviter d'enfermer vos propres pièces (voir mon article sur l'enfermement des pièces)

- s'efforcer de contrôler avec une chaine de pions une partie du centre (voir mon article sur les trois centres)

- roquer assez rapidement et mettre ses tours en relation en plaçant la dame sur une case dans son propre camp, sans trop l'exposer

- tout cela sans se faire prendre de pions ni de pièces !

A titre d'exemple, cette position résulte des 15 premiers coups d'une partie que j'ai joué récemment. On observe :

- les 2 adversaires ont roqué

- à l'exception du Cb1, les cavaliers sont bien placés et défendus

- même chose pour les fous

- chaque joueur a installé des pions au centre, ils sont d'ailleurs bloqués pour l'instant.

- les tours noires sont liées, celles des blancs le seront dès que le C sera développé.

- les dames sont actives sans être exposées.

- les blancs ont perdu un pion dans la bagarre et les noirs ont un pion passé en a5. Le plan des noirs est d'attaquer sur l'aile dame pour essayer de valoriser leur avantage. 

La recherche d'un développement harmonieux des pièces et d'une bonne structure de pions est importante. Les attaques prématurées, lancées alors que le développement des pièces n'est pas terminé,  ratent souvent par manque de préparation et à cause du retard de développement. 

Mais il arrive que des joueurs attaquent très tôt dans la partie pour empêcher leurs adversaires de bien se développer. Il faut donc répondre aux menaces tactiques, tout en essayant de se développer par des coups stratégiques...pas toujours facile.




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