Pions faibles, pions forts

 

Les pions ne doivent pas être sous-estimés : quelques éléments

  • Le pion ne peut pas reculer : donc bien réfléchir avant d'avancer un pion car l'erreur de placement ne peut être corrigée.
  • Le pion prend de la valeur à mesure que ses chances d'arriver à la huitième rangée augmentent.
  • Les pions, par leur effet de masse structurent le jeu, bloquant l'évolution des pièces adverses, mais ils peuvent aussi bloquer les nôtres s'ils sont mal placés. Ils contrôlent des cases pour empêcher l'adversaire d'avancer et permettent de défendre nos propres pièces. Au centre, ils gênent l'évolution des pièces adverses.
  • Les pions sont d'autant plus forts qu'ils coopèrent : les chaines de pions sont fortes, les pions isolés sont faibles. Les pions isolés et doublés sont encore plus faibles car ils se gênent mutuellement pour avancer, les pions triplés sont à éviter.
  • Les pions situés à la base d'une chaine sont plus faibles que les autres car ils ne bénéficient pas de la défense des autres pions. C'est là que l'adversaire va attaquer.
  • Un pion passé est fort, deux pions passés liés sont encore plus forts. La force du pion passé s'accroit avec la disparition des pièces de l'échiquier. Au début, ils peuvent passer inaperçus, mais peu à peu leur force se révèle, dès qu'on a réussi à en avoir un, il est important de le protéger efficacement. Si l'adversaire en a un, il faut essayer de le bloquer le plus tôt possible ou de le prendre si possible.

Il est bon de s'efforcer de déstructurer les pions adverses pour les rendre plus faibles. Ensuite, les pions faibles seront la cible de nos attaques. 

Les blancs et les noirs ont le même nombre de pions (7), mais leur structure est différente, regardons cela de près :

Pour les blancs, les pions b3 et b4 sont doublés et isolés : ils sont donc faibles. Un pion isolé est un pion qui n'est pas défendu par un autre pion et qui peut donc être facilement attaqué. Les pions à la fois isolés et doublés sont encore plus faibles car le pion situé derrière (ici b3) est gêné par le pion qui le précède pour avancer. Si les noirs peuvent placer une tour en b8 par exemple, il sera difficile de les défendre. Evidemment, des pions triplés seraient encore plus faibles.

Les pions f2 et f3 sont également doublés, mais pas complètement isolés : le pion g2 défend le pion f3. Cette structure fréquente est donc déjà plus robuste.

Le pion central d4 est isolé et, pour le moment bloqué. Il est donc faible et sera une cible pour les fous et cavaliers adverses.

Pour les noirs, le pion a7 est isolé et donc faible. Les pions g7 et g6 sont doublés mais pas isolés, donc ils peuvent résister. Les pions f7,e6,d5 sont en chaîne, ils se défendent les uns les autres, seul le pion f7 doit être défendu.

Enfin, le pion c3, bien qu'isolé, vaut de l'or : c'est un pion passé proche d'arriver à dame !

Tout au long de la partie, il faut surveiller la manière dont nos pions sont organisés et penser aux conséquences de nos coups sur cette organisation. Les échanges en début de partie ou en milieu, ont souvent pour but de déstructurer nos pions, notamment en créant des pions doublés.



Dans cette position, dès le 8ème coups, les blancs ont un pion de plus mais ont des pions triplés et isolés qu'ils ne pourront pas défendre longtemps. Les noirs jouent Da5 pour attaquer les pions c5 et c3.
Les blancs répliquent Fe5 pour menacer le Cf6 d'un échange qui créerait un pion doublé et trouerait le roque noir. Cbd7 est nécessaire pour empêcher cela. Les blancs jouent Dd2 pour défendre le pion c3, mais après l'échange Cd x F suivi de  C x C, les noirs récupèrent leur pion de retard par D x c5.

Sans préjuger de la suite de la partie, si l'on analyse la structure des pions de chaque camp, on voit bien que celle des blancs est plus fragile que celle des noirs.

Commentaires